Quelques petites histoires!

Mon envie de partager avec vous quelques petites réflexions personnelles mais aussi quelques moment d’échanges avec des convives du backpack où je me trouve en ce moment, me font écrire cet article.

Première partie

Pour ma première expérience de travail à la chaîne je peux vous dire qu’il s’agit d’un travail vous amenant à des réflexions et des réveries permanentes! La première journée de travail, vous êtes bien entendu parfaitement concentré à la tâche qui vous est alloué en essayant de faire de votre mieux pour pouvoir réaliser celle-ci du mieux que possible. Et puis… à la fin de votre seconde journée vous vous apercevez enfin du plaisir que peux vous procurer cet emploi à temps plein, 10 heures par jour, 5 à 6 jours sur 7. Ce plaisir qui vous rend tellement heureux d’exister et de vous rendre si riche en si peu de temps… pour n’avoir simplement qu’à agiter ses petits bras, debout et raide comme un poteaux, les yeux rivés sur ces milliers de patates qui défilent, le cerveau totalement concentré à ne louper aucune d’entres elles qui ne satisfairait pas votre employeur.
Vous savez, il s’agit d’une sensation d’utilité incomparable qui va pouvoir servir des millions de consommateurs et tout cela parce que vous étiez là, ce jour où il pleuvait et où vous étiez si trempé, que la légère brise liée à l’avancement du tracteur venait vous glacer la chair à travers tout vos vêtements recouvert de terre… et venait faire couler votre nez déjà bien emplit de poussières.

Allez n’exagérons rien… c’est un métier comme un autre. Aurez t-il été plus agréable d’être caissier? Après avoir vu ce film assez drôle “Les tribulations d’une caissière“, je peux vous dire que dans ce boulot on y trouve pas mal de point en commun ! Bon il faut aussi avouer que votre troisième jour de travail vous remet déjà en question.

Quelles solutions peut-on trouver pour que le temps passe un peu plus vite et que l’on n’oublie ne serait-ce que quelques heures où l’on est? Alors j’ai pensé à une petite astuce… Utiliser mon grand talent de rêveur qui jusqu’à maintenant ne m’avez jamais réellement servit dans le monde réelle. Alors c’est partit !

Je suis un grand entrepeneur, j’ai de la chance car je suis très riches de part mon appartenance à une famille de grand agriculteur de truffes depuis 4 générations! Mon rôle est simple… j’ai pris la relève de la gestion de la ferme et je m’occupe du trie impératif de mes truffes d’une valeurs et d’une qualités inestimables! Hop celle-ci est beaucoup trop grosse… voyons Colas, aucun acheteur n’auras les moyens de dépenser autant dargent pour celle-ci! Voyons voir la suivante… ah mais elle est…

Oups, me voilà déjà coupé dans ma réverie, notre bin à été remplit en 10 minutes et nous sommes déjà en direction de la remorque dans laquelle nous allons devoir la vider… Finalement ma solution est raté car je ne peux même pas réver sans que l’on m’intérompe toutes les 10 minutes ou toutes les 5 minutes car le tracteur à besoin de faire demi-tour et donc de stopper le convoyeur…
Voilà déjà que mes camarades en profite pour échanger quelques mots et quelques rires avant que la machine tonitruantes ne se remette en route et que, l’autoradio allumer à fond pour couvrir ce bruit, ne vienne m’imposer à réécouter les 20 musiques répétées sans cesse à la radio sous prétexte qu’elles font partie d’un classement des “hits” du moment…
Pendant une de ces petites haltes je me dis que je pourrais en profiter pour parler avec ces australiens et en apprendre davantage sur leurs façons de penser, de résonner et de vivre dans cette société actuelle. Je me met ainsi à les interroger sur ce qu’il pense de leur pays, de la France, des français et… si il existe en Australie un syndicat d’agriculteur…
Oui… je sais ce que vous pensez! Mais comment ai-je pensé à poser cette question? Ma réflexion est simple, après leurs avoir demandé combien ils gagnaient par tonne de patates vendues (soit 27 centimes le kilos) je leur ai demandé comment s’organiser leurs ventes avec la compagnie. Car un jour, au bout de seulement 2h de travail, il nous stoppe et nous disent que s’est finit pour aujourd’hui car la compagnie Mc Cains n’a pas voulu davantage de patates. Le problème c’est que si l’on ne finit pas de récolter tout les champs avant mi-mai, le reste de la récolte sera perdu car les pluies hivernales arriveront et qu’il ne sera plus possible de continuer. Alors je leur ai demandé ce qu’il se passe si jamais ils ne peuvent pas finir de récolter les champs par faute de commandes insuffisantes. Et ils m’ont répondu à cela qu’ils avaient une parcelle de secours qu’ils pouvaient éventuellement vendre à d’autres compagnies afin de sauver un peu d’argent. En gros ils sont tenu par contrat et ne peuvent donc vendre les patates de leurs parcelles qu’à Mc Cains qui en revanche ne donne pas une somme d’argent en fonction de la contenance des parcelles mais qu’uniquement à la tonne de patates récoltées et acheminées à Sidney dans leurs fabriques. Avec ma logique de Français, je me suis dit que si un jour la saison des pluies arrivée trop tôt ou pour n’importe quelles autres raisons les champs ne pourraient être récoltés à temps, le fermier pouvait y perdre quand même pas mal d’argent. Et dans ce cas… que se passerait-il? A qui pourra t-il faire appel?
Revenons en à ma question sur les syndicats… Voilà que Wooffi (prénom de l’ami du fermier qui travail avec nous) me répond :

- “Non, pourquoi veux-tu que l’on ai un syndicat?

- “Tu sais, on est en Australie, donc il n’y aura pas de problèmes!

Et le voilà à éclater de rire en jetant un regard complice au fils du fermier. Alors finalement… Est ce que l’on se prend pas un peu trop la tête, nous, les français? A vrai dire on pourrais tout les jours partir au boulot, ne pas se poser de questions, rigoler de simples blagues pas trop compliquées tel que celle-ci :

C’est un aborigène, complétement bourré, qui rentre dans un magasin et prend un petit paquet de chips. Arrivé à la caisse le caissier lui demande 1,20 dollars. L’aborigène lui répond qu’il ne les a pas et finalement, après quelques échanges un client les lui paye. Le voilà tout content de pouvoir enfin manger un petit peu (il faut préciser que l’aborigène est sale, maigre et peu vétu) et il part en titubant s’installer au pied d’un arbre du parc d’en face. A peine installé voilà qu’une dizaine d’aborigène rapliquent et lui réclament des chips. Gentillement le premier aborigène les partages et finalement… il n’en aura pas mangé une seule!

Suite à cette blague, et ayant prit le temps au préalable d’être sûr que j’ai bien compris, Wooffi éclate de rire. Me sentant un peu obligé, j’esquisse un léger sourire…
Alors oui, dans ce moment de solitude, je vous avoue que je ne sais pas trop quoi penser devant mes centaines de patates. La vie  semble tellement simple pour cet Australien, tellement vierge de problèmes! A quoi bon réfléchir sur nos problèmes de société alors même que l’on pourrait partir sur la simple base qu’effectivement épandre des produits chimiques sur nos produits alimentaires ne sont pas nocif. Mais aussi que la majorité des plus grandes entreprises de l’agroalimentaire (y comprit les autres qui surfent sur cette vague économique plus que profitable à leur égard) sont en faite gentille et ne veulent que nous aider, créer des emplois, et nous faciliter la vie en nous proposant des contrats qu’il leurs permettent de monopoliser leurs productions.

“Allez finissant en avec cette réflexion, ramasse tes patates et ne te pose plus de question!”

Mais à peine cette bonne résolution prise voilà que mon camarade Danois me pose la question :
-”Tu en pense quoi du mariage homosexuelle qui à été voté en France?
Aie Aie Aie… Terrain glissant ! Dois-je répondre mon opinion? Dois-je me taire en lui faisant répéter 10 fois sa question sous prétexte que je ne le comprend pas avec son accent anglais moins compréhensible que celui des Australiens? Ou dois-je mentir au risque de le choquer si finalement il partage la même opinion?
Allez je me lance… et me voilà à lui expliquer les raisons, pourtant évidente, de mon opinion positive envers cette nouvelle loi. A mon grand étonnement, aucun ne semble choqué… mais aucun ne prononce mots pour autant! Voilà que Wooffi me relance une boutade gratuite en faisant semblant pendant 5 secondes qu’il ne partage pas mon opinion et qu’il est parfaitement contre en évoquant l’argument religieux pour finir par rire de plus belle. En rigolant ainsi il n’a pas affirmer non plus qu’il était en faveur de cette lois… Nous voilà encore face à un débat complétement stérile qui n’auras servi qu’à rigoler d’une blague stupide!
A défault de ne pas comprendre la logique australienne, me voilà lancé et  je profite de cette occasion pour en apprendre davantage sur les opinions des Danois. On arrive sur le sujet de l’éducation scolaire et sur son opinion envers un régime monarchique encore présent dans son pays.
-”La reine à t-elle un penchant pour un partit politique?
-”Bien sur que non, elle ne sert qu’à signer les textes de lois sans jamais en décliner un et elle ne doit surtout pas évoquer son appartenance pour un partit plus qu’un autre. C’est au peuple de choisir leur premier ministre!
-” Mais à quoi sert la reine alors?
-” Ben à rien…
Voyant mon regard décontenancé envers ce peuple qui ne le semble pas, alors même qu’ils payent des impôts royaux pour entretenir cette famille royale qui “ne sert à rien“… Il renchérit d’un air assez fier :
-”Mais tu sais, il s’agit de la famille royale la plus vieille du monde!
Quelle fierté que de pouvoir donné son argent à une des plus vieille famille royale !

Suite à ça, je lui demande ce qu’ils apprennent à l’école à propos de leur système politique mis en place et si ce dernier est critiqué ou pas en comparaison avec un régime présidentiel. Parce que notre système scolaire nous apprend clairement à l’école qu’il est bien meilleur qu’une monarchie… Faut dire que notre révolution fait la réputation de notre pays!
Et le voilà à me répondre :
-”Tu sais Colas, chez nous l’école n’est pas là pour dire ce que l’on doit penser, elle nous apprend des choses et nous sommes libre par la suite de décider les opinions que l’on défend.
Ce jeune danois de 19 ans me fait gentillement sourire est acquiescer parce qu’il est vrai que sa ne s’apprend pas à avoir une opinion… Comment peut-on croire que sans l’avis et les arguments des autres nous pouvons naturellement par nous même développer une faculté à raisonner sur les systèmes qui nous sont imposés. C’est un peu comme si les cours de philosophie, de sociologie, de psychologie et d’autres encore étaient mis en place tel une famille royale et donc… ne servant à rien! C’est aussi évident que la télévision, qui manipulée gentillement par nos gouvernements, n’exerce en aucun cas un pouvoir de persuasion à l’égard des populations afin de les inciter à orienter leurs opinions en faveur des dirigeants! Bref me voilà encore désemparé…

Que dois t-on finalement apprendre en voyage? S’ouvrir l’esprit en entendant des discours aussi vide d’arguments et écarquillé les yeux devant des paysages époustouflants? Rouler durant des kilomètres en se laissant prendre à des réveries grâce à la musique que l’on écoute à fond pour couvrir le bruit du vent et celui des roues contre le bitume? Ou encore, réussir à gagner de l’argent part l’intermédiaire de boulots complétement dénudés de sens qui vous amènent à observer des milliers de patates défilés?

Définitivement, rien qu’à en relire mes phrases, je ne suis pas entrain de déprimer (comme certain pourrais être amené à penser) mais je reste d’autant plus convaincu que finalement ce voyage m’amènera à mieux comprendre la façons dont tourne le monde. Comprendre les opinions de ces peuples qui nous entourent et puis à défaut de tout cela j’aurais au moins eu la possibilité de m’émerveiller de la nature encore présente avant qu’elle n’ai disparu! ;)
En tout cas s’est décidé… dès la saison “patates” terminée je prend mon fric et je me barre loin de ses fermes!

Deuxième partie

Portrait de trois japonais!

Pour finir je partage aussi avec vous cette soirée passé en compagnie de 3 japonnais qui, ne maitrisant que très peu l’anglais, m’a demandé un peu de patience afin d’obtenir un échange intéressant.

Ils vivent tout les trois dans cette même accomodation et font partie de ceux qui ont plus ou moins la “malchance” (si je peux l’appeller ainsi puisque en définitive cette dernière n’est provoqué que par le fait qu’ils appartiennent au monde asiatique plus que dénigré dans cette partie du monde…) d’être tombé dans une ferme qui vient juste d’achever sa production et qui ne les ont permis que de faire 5 heures de travail par jour.
Me voilà donc sur la terrasse de l’hostel, accompagné de mes 3 japonais au chômage, autours d’une bière et d’une table en bois portant encore les traces des déjeuné et dîné des jours précédent. Le dialogue commence ainsi par mes diverses questions sur les raisons pour lesquelles ils sont ici en Australie et pas ailleurs. Rapidement je comprend que leurs présence ici est liée à la facilité que présente l’Australie à trouver un emploi (enfin… la facilité tel qu’on l’entend lorsque l’on est à l’étranger mais qui en finalité ne fait que cacher la réalité malsaine d’un monde du travail prônant l’exploitation au détriment d’un réel statut de travailleur avec des droits…) et que ce pays leurs permet de voyager relativement facilement contrairement à d’autres qui aurait été beaucoup moins accessible.
Ne souhaitant pas m’en arrêter là, j’essaie d’obtenir davantage d’informations sur les réels avantages qu’ils ont à travailler ici plutôt qu’au Japon.
L’argument d’une paye bien meilleur est directement annoncé. Mais quelle est la leurs habituellement? Et voilà qu’il m’annonce qu’en moyenne un japonais est payé 11 dollars de l’heure minimum et qu’ils travaillent en moyenne 8 à 10 heures par jour. Leurs congés peuvent-être similaire au notre à savoir un jour off par semaine. Ou bien qu’ils peuvent être complétement agencés différemment c’est à dire qu’ils enchainent 4 semaines de travail sans repos et bénéficient d’une semaine de vacance complète.
Pour le travail actuel que nous occupons en Australie, nous gagnons environ 17 dollars net par heures et nous pouvons faire parfois des semaines de 60 heures mais ce dernier paramètre peut varié en permanence donc je dirais qu’en moyenne (et cela n’est que mon expérience personnelle) nous pouvons gagner environ 700 à 800 dollars par semaines quand on a de la chance soit environ 3000 dollars par mois.

Finalement ils se rendent très vite compte ou je veux en venir, et que les conditions d’hébergement plutôt désagréable, les conditions de travail plutôt instable, ainsi que les charges et dépenses liées à la nourriture, au voyage et aux taxes dont on est soumis… rendent leurs ambitions à devenir riches plutôt insatisfaisante. Ils m’avouent alors qu’ils fuient essentiellement l’ambiance stressante qui règne actuellement dans leur pays.
Je vois tout de même dans leurs regards une certaine dérision face à leur situation… L’un d’entre eux ne dispose actuellement que d’une centaine de dollars sur son compte alors que les deux autres ont moins de problème de ce coté. En revanche j’apprends très vite que dans leur culture, lorsque l’on atteint l’âge de 20 ans, il y a pour coutume que les parents n’aident plus leurs enfants à moins que ces derniers ne finissent à la rue.

L’un d’entre eux, âgés de 29 ans, souhaite continuer à voyager toute sa vie en faisant des haltes régulières de 1 ou 2 ans et en travaillant en tant que cuisinier dans chaque pays traversés. A 16 ans, il a fait le choix de quitter sa famille :
-”I’m separated with my family” qu’il me dit…
En réalité il ne souhaite plus du tout les revoir et ne souhaite plus non plus revivre un jour au Japon. Il faut dire que depuis ce choix il vit à droite à gauche, chez ses amis, sa copine et ses collègues de boulot… Le voilà donc plus ou moins livré à lui même (vous allez me dire… “enfin c’est bon il a 29 ans quand même” mais je peux vous assurer que quand on observe le comportement de ce personnage il semble beaucoup plus jeune… Ce qui suscite un peu mon inquiétude), et ne voulant pas jouer le rôle de “briseur de rêve”, tel que m’appelle Jérémy, je n’ai pas évoqué les certaines difficultés d’obtention de visas qu’il rencontrerait pour pouvoir ainsi voyager toute sa vie.

Le second, âgés de 20 ans, viens de finir un voyage d’étude d’anglais au Canada (qui semble visiblement pas lui avoir vraiment permis d’apprendre à parler correctement l’anglais) et continue donc de voyager un petit peu avant d’entreprendre de rentrer au japons. Plutôt discret, il ne m’en dira pas plus.

Quand au dernier, âgés de 27 ans, lui ne sait pas trop ce qu’il souhaite faire. Ne connaissant pas son vrai père et ayant été élevé par sa mère et son beau père, il se plaint du comportement perpétuellement inquièt de son beau père à son égard. Il travaillait au Japons en tant que serveur et ayant pour projet de devenir propriétaire d’un Hostel au Japon il souhaite gagner de l’argent en Australie et ainsi réaliser son rêve.

Allez mon portrait de 3 japonais s’arrête ici, je vous laisse par vous même réfléchir ou pas à la situation et aux choix réalisés dans leurs vies. Je les évoque sur mon blog car cet échange ma marqué et que j’ai voulu vous en faire profiter. Néanmoins il est certain que ne pouvant pas vous faire vivre la scène en direct et raconté ainsi, cet échange perd tout de même beaucoup de son charme.

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